Fête de la Geerewol - Niger

Une fois l'an, à la fin de la saison des pluies, aux portes du désert près d'Agadez, durant les six jours et les six nuits de la Geerewol, les Wodaabe du Niger oublient dans l'ivresse de la fête qu'ils sont un peuple en sursis. Pendant toute l'année, les jeunes Wodaabe attendent la cérémonie de la Geerewol. Chaque clan familial, représenté par ses plus beaux danseurs, s'affronte dans un concours de beauté pour hommes dont le jury est constitué par les plus belles filles de la tribu.
La danse se termine par la séduction et des échanges amoureux. Fardés, drogués au bendore, les danseurs arborent leurs colliers de perles et de cauris, leurs amulettes et une plume d'autruche blanche au front.
Les danseurs confectionnent eux-mêmes leur tenue. Ils passent un pagne de femme sur leur vêtement de cuir. Dans le dos pend une chaîne de cauris, le barbol, terminée par une minuscule calebasse. Ainsi, ces rudes pasteurs sont poussés par le culte de leur beauté à féminiser leur aspect.
Les femmes n'échappent pas à cet élan narcissique. Les jeunes filles, parées d'innombrables bracelets, se préparent aux rites de la séduction. Après la danse, elles choisiront celui qui, pour une nuit ou pour la vie, partagera leur couche.